Archives de catégorie : Poésie

Miaou

Chatte au chaud en mon âme
Avec ton air de Dame ;
Le ronron apaisant,
Le pas indépendant,
Je savoure ta venue
Désinvolte et menue,
Tantôt bouillotte velue
Tantôt furie griffue ;
Ton beau regard azur,
Hors du temps hors des murs,
Se pose avec mystère
D’en haut sur le parterre ;
Tu sais te faire aimer,
Quand prendre et quand donner,
Alternant tout à tour
La patte et le velours.

© Frédéric Beer / Novembre 2010

Maximes

La force des timides est l’intensité de leurs audaces

L’orgueil est la fierté devenue poison

Donner sans écouter, c’est prendre

La douleur est intelligente, la douceur est indigente
(la première affûte l’esprit, la seconde l’émousse)

Le chemin prime sur l’issue

Etre fidèle à soi même, c’est alléger le doute de la route

Ne rien regretter, mais savoir s’adapter

Oser regarder sa vérité est le seul courage nécessaire
(le reste devient aisé)

Fuir nos démons, c’est leur donner l’opportunité de nous rattraper au pire moment

La vérité est ni universelle ni intemporelle; elle est une perspective fugitive, et donc elle est multiple et contradictoire

L’estime c’est avant tout de ne pas nier la vérité de l’autre

Le respect c’est laisser l’autre agir selon sa conscience

Amour

Découvrir l’univers dans ton regard ;
Frissonner de t’aimer et d’être aimé par toi ;
Dire les mots pensés par l’autre ;
Renouveler mon énergie à travers toi et pour toi ;
Nourrir l’admiration de nos différences ;
Evoluer chacun et ensemble ;
Grandir la confiance par notre sincérité ;
Permettre la faiblesse de l’un grâce à la force de l’autre ;
Décupler la force de l’un par la faiblesse de l’autre ;
Apprendre à donner et recevoir sans compter ;
Vivre la passion sans retenue et construire l’amour avec audace ;
Boire tes larmes, provoquer ton rire, chavirer ton esprit ;
Toujours penser à te séduire ;
Trouver dans l’effort le plaisir d’être meilleur ;
Se réveiller curieux de la journée à venir ;
Se coucher émerveillé de te connaître ;
Voilà l’engagement auquel j’aspire.

Vivre

Vivre dans le Passé
Ou bien pour l’Avenir
C’est ne pas vivre assez,
Renoncer aux plaisirs.

Coincé dans la mémoire,
L’issue n’est pas l’oubli,
Mais au contraire savoir
Assumer ses envies.

Se borner à prévoir
C’est rester aux aguets,
Se refusant de boire
Et de rire aux banquets.

Le choix du souvenir
Est un amer ferment;
Celui de l’avenir
N’est jamais insouciant.

Assimiler Hier,
Eviter les ornières,
Ne pas être trop fier,
Ni dur contre la pierre.

Faisons pour maintenant
Le choix de nos penchants;
Soyons comme des amants
Eperdus du présent.

© Frédéric Beer / Mai 1994

Manuela

Lorsque Manuela
Prend tes mèches dans la main,
Quand elle s’occupe de toi,
Tu n’ songes pas à Demain;

Elle fait courir ses doigts
Au travers de tes crins,
Tu oublies tes tracas,
Hier ne rime à rien;

Et quand Manuela
Frictionne ton cuir déjà,
Tu veux croire en Allah,
Amon, Yahvé, Bouddha.

Tu ne souhaites pas de fin
A ce plaisir divin
Qui envoi à tes reins
Des frissons libertins.

C’est de cette façon là
Que te ronge une faim;
Et seule Manuela
Peut te donner le pain.

© Frédéric Beer / Mai 1994

Faim

Vois ta richesse par mon chagrin
Et donc il ne sera pas vain;
Il ne me reste qu’à boire le vin
Pour oublier de toi ma faim.
Peut-être passerais-je ma main
Sur d’autres corps et d’autres seins
Mais ce sont seulement les tiens
Dont je rêverais jusqu’à la fin.

© Frédéric Beer / Janvier 2002

White

During a new year night,
Between shadow and white
I met a russian light,
With a blue look so bright;
She requested a knight
Riding to a new sight,
Her long legs winded tight
To experience his might.
But where do the Lords fight
To save her soul from fright ?

© Frédéric Beer / Janvier 2002